
La sexualité ne se résume pas aux rapports à deux. Pourtant,
certaines pratiques restent encore difficiles à aborder, même après
plusieurs années de vie commune. Le SexReport 2026 d’Adam & Eve,
réalisé par l’institut Trend Research auprès d’un
échantillon représentatif de Français, révèle qu’un tiers des
personnes en couple souhaiterait que son partenaire parle davantage
de masturbation. Dans le même
temps, 32 % déclarent ne jamais évoquer ce sujet ensemble. Pour les
sexologues, ce silence n’a rien d’anodin puisque la communication
reste l’un des principaux moteurs de la satisfaction intime.
Un plaisir personnel important dans la vie de couple
Les résultats de l’enquête montrent que la masturbation occupe
aujourd’hui une place importante dans la sexualité des Français.
Elle est pratiquée par 85 % des hommes et 65 % des femmes. Les
principales motivations sont le plaisir, cité par 51 % des
répondants, mais aussi le besoin de se sentir mieux ou de diminuer le stress.
Contrairement à une idée encore répandue, cette pratique ne
traduit pas nécessairement une insatisfaction au sein du couple.
D’ailleurs, 76 % des personnes interrogées estiment qu’elle n’a
aucun impact négatif sur leur relation et 19 % considèrent même
qu’elle a des effets positifs.
Vous rentrez chacun à des horaires différents, les enfants
dorment enfin et la fatigue prend le dessus. Dans ce contexte, le
plaisir en solo ne remplace pas forcément les moments à deux. Il
peut simplement répondre à un besoin différent, sans remettre en
question l’attachement ou le désir pour son partenaire.
Pourquoi est-il encore si difficile d’en parler ?
Si la pratique se banalise, la parole, elle, reste plus timide.
L’enquête révèle que 32 % des personnes en couple n’abordent jamais
ce sujet avec leur partenaire. Plus révélateur encore, 32 %
aimeraient justement que l’autre parle davantage de ses envies
liées à la masturbation. Ce qui fragilise le couple n’est
généralement pas la pratique elle-même, mais le fait qu’elle reste
entourée de suppositions et de non-dits. Certains craignent d’être
jugés, d’autres redoutent que leur partenaire interprète cette
confidence comme un manque de désir pour la relation.
Les couples qui communiquent régulièrement sur leurs préférences
sexuelles rapportent davantage de satisfaction relationnelle.
Parler de ses habitudes personnelles permet souvent de mieux
comprendre ce qui procure du plaisir, sans comparaison ni
compétition.
Une discussion qui renforce souvent la
complicité
Aborder ce sujet ne signifie pas raconter chaque détail de son
intimité. Il s’agit surtout d’ouvrir un espace où chacun peut
exprimer ses besoins sans craindre le regard de l’autre. Le
SexReport souligne d’ailleurs que 22 % des personnes
interrogées gardent encore des désirs que leur partenaire ignore.
Ce constat rappelle qu’une relation durable repose moins sur la
capacité à tout deviner que sur celle à échanger avec
bienveillance.
Parfois, une simple phrase suffit pour lancer la conversation.
Dire que vous avez découvert quelque chose qui vous procure du
bien-être, demander à votre partenaire comment il vit sa sexualité
en solo ou évoquer un article lu récemment permet souvent de
dépasser la gêne. La confiance ne grandit pas parce que deux
personnes vivent exactement la même sexualité, mais parce qu’elles
se sentent suffisamment en sécurité pour en parler sans honte ni
jugement.
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